Astuces capillaires

Je reste marquée par un commentaire qu’une amie m’avait envoyé, bien innocemment, entre les rangées de casiers des secondaire II: « Hé, c’est l’fonne: t’as juste besoin d’un coup de brosse pour que tes cheveux aient pus l’air gras! » Super. Mes cheveux, à l’époque, étaient toujours gras. Ou croûtés de gel. Et apparemment, ça ne me dérangeait pas assez pour que j’y fasse quelque chose. Fail, moi-à-12-ans. Fail. Pas étonnant d’ailleurs que j’aie mordu, lorsque les copines m’ont fait croire, entre ces mêmes casiers, que Stéphane voulait sortir avec moi. Mon coeur s’est emballé. Puis j’ai compris la triste blague. Mais mes cheveux sont restés gras. Pourquoi?

Maintenant, vous le savez, je fais des choix gagnants: un garçon deux milliards de fois plus cool que ledit Stéphane à mon bras, des amies de bien meilleur conseil, et des astuces capillaires emballantes!

petite vache et cornestarche

Depuis quelques mois, je lave mes cheveux au bicarbonate de soude. C’est une révolution. D’abord, je ne les maltraite plus avec ces vilains shampoings chimiques et pas écologiques du tout. Et puis, surtout, j’ai à le faire beaucoup moins souvent: deux ou trois fois par semaine. Avant, c’était obligatoirement tous les deux jours. C’est fantastique! Ça élimine tout à fait les odeurs captives des cheveux, sans laisser le puissant parfum un peu cheap des shampoings ordinaires que j’essayais déjà d’éviter. Ça enlève le gras (évidemment, quand même). Je soupçonne même que ça améliore la peau, en coulant sur le visage et le corps lors du rinçage. En tout cas, ça ne détruit pas les bonnes huiles du cuir chevelu comme on reproche à tout shampoing de le faire. Et puis ça ne laisse pas cette déplorable texture trop vaporeuse caractéristique des quelques heures suivant un lavage à la mousse. À propos de mousse, le bicarbonate de soude n’en fait pas, et ça, c’est bien triste. Je m’offre donc quelques fois par saison une traite de broue parfumée pour satisfaire ma sensualité. Ça marche.

Question technique, c’est à parfaire. Présentement, je saupoudre le fond d’un petit verre de plastique de bicarbonate avant d’entrer dans la baignoire: quelques cuillers à soupe, mettons. Je remplis le verre à la pomme de douche en brassant un peu pour mélanger, puis je fais couler la solution à l’orée de la chevelure, autour du front et des oreilles, sur la nuque. Je sépare les cheveux derrière la tête et j’arrose le cuir chevelu. Je remplis et je vide le verre jusqu’à ce qu’il ne reste plus de poudre au fond. Je masse un petit peu et je rince. C’est magique. Mais là, ce serait sûrement plus efficace si je me servais d’une bouteille avec un bouchon gicleur, n’est-ce pas?

Certaines sources avertissent que la conversion à cette méthode peut occasionner des déséquilibres: beaucoup de pellicules tout à coup, ou des démangeaisons au cuir chevelu. Ça ne dure que quelques temps.

Prochaine étape à inclure dans ma routine: le vinaigre de cidre en guise de revitalisant. Je n’ai pas encore trouvé le véhicule idéal (sans doute encore ce bouchon gicleur).

Et puis, entre les lavages — c’était entré dans mes habitudes depuis un peu plus longtemps — j’utilise de la poudre pour absorber l’huile et les odeurs. C’est de l’amidon de maïs (cornestarche, l’ingrédient de base de la poudre de bébé), mélangé avec un peu de cacao (pour l’odeur gourmande et éviter les taches trop blanches sur mes cheveux foncés), et un pouche de mon parfum. J’étale la poudre avec un gros pinceau aux endroits qui ont besoin d’un rafraîchissement. J’en échappe la moitié sur le comptoir pour faire sacrer mon amoureux qui n’aime pas ses bobettes poudrées (pourtant ça s’époussette super facilement; tss…). Je passe la brosse ou les doigts dans ma chevelure chatoyante. Ça fonctionne comme un shampoing sec, mais en encore plus grano. Ça marche aussi pour matifier la peau, l’été, et pour faire tenir le maquillage. Ça n’a pas de bon sens comme c’est pratique! Et puis ça me fait romantiquement penser aux délicieuses marquises du XVIIIe siècle, et à Daisy Buchanan.

Daisy watched him and laughed, her sweet, exciting laugh; a tiny gust of powder rose from her bosom into the air.

Moi-à-28-ans: mes cheveux sont la plupart du temps présentables, et j’achète des caisses de Petite Vache au Costco.

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