De mon amour pour Zola

Zola

Dans la vie, l’un de mes objectifs à moyen terme, c’est de terminer la lecture des vingt romans composant Les Rougon-Macquart, d’Émile Zola. J’ai trouvé avec joie il y a quelques semaines, dans les bouquineries que je fréquente sur Mont-Royal, les derniers morceaux qui manquaient à ma collection. Il m’en reste maintenant cinq à lire: Pot-Bouille, La joie de vivre, La terre, Le rêve et La débâcle. (Mais qu’est-ce que je vais devenir quand ce sera fini?) Ça fait bien longtemps que j’ai amorcé ce projet, tellement que je ne saurais dire si ma première rencontre avec cet Émile-là s’est faite par Germinal ou par L’Oeuvre. En tout cas, c’est certainement avec la lecture et l’étude de ce dernier dans un cours d’université que j’ai découvert, au-delà du naturalisme, la manière impressionniste, inspirée apparemment des peintres de son époque, qu’a Zola de décrire les scènes — magistrale. J’ai eu peur récemment d’avoir englouti tous les meilleurs, et qu’il ne me reste plus que les « ordinaires »; d’autant plus que j’ai commencé à lire Lourdes, issu de sa série des villes, qui ne fait pas partie des Rougon-Macquart, et que j’ai misérablement laissé tomber, comme ça ne m’arrive jamais — c’est dire à quel point ce n’est pas à la hauteur (de mes attentes élevées, du moins). Il faut bien que je m’avoue que Zola n’a peut-être pas écrit que des chefs-d’oeuvre, quoique la qualité de son style demeure. Heureusement, j’ai retrouvé récemment, dans Son Excellence Eugène Rougon, ce qui m’avait transportée auparavant. Des passages comme celui-ci:

À l’autre bout, tout là-bas, le pont Louis-Philippe s’animait d’un grouillement de points noirs; pendant que les croisées les plus lointaines, les petites raies qui trouaient régulièrement les façades jaunes et grises du cap de maisons, à la pointe de l’île, s’éclairaient par instants de la tache claire d’une robe. Il y avait des hommes debout sur les toits, parmi les cheminées. Des gens qu’on ne voyait pas, regardaient dans des lunettes, du haut de leurs terrasses, quai de la Tournelle. Et le soleil oblique, largement épandu, semblait le frisson même de cette foule; il roulait le rire ému de la houle des têtes; des ombrelles voyantes, tendues comme des miroirs, mettaient des rondeurs d’astre, au milieu du bariolage des jupes et des paletots.

Hein? N’est-ce pas que c’est super? Il y a aussi la relation de Rougon et Clorinde qui est admirablement décrite, pleine de tension, comme Zola sait si bien montrer les luttes internes et les conflits entre les personnages.

Quel est votre Zola préféré? De mon côté, il va falloir que j’en relise quelques uns pour me décider, tiens…

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