La magie d’un mercredi

Depuis quelques années, j’ai une liste non-officielle de « Choses-que-j’aimerais-faire-avant-de-mourir ».  Sur la liste, il y a entre autres : me marier, avoir des enfants, voir McFly en concert, acheter une maison au bord de la mer, être dans la même pièce que Robin Williams, voir Coldplay en concert, visiter dix endroits différents, voir Highclere Castle (Downton!) de mes yeux vu, lire en entier les séries Game of Thrones et Outlander et j’en passe.  Un ramassis de choses hétéroclites qui me donnent envie de sourire et qui me donnent un objectif à atteindre.  Une liste qui évolue au fil du temps, de mes rencontres, de mes goûts et de mes obsessions.

Je travaille tranquillement à biffer des items sur la liste et pour le moment, j’aime bien où je m’en vais.  Je planifie mon mariage prévu pour l’été prochain, j’ai visité 5 villes où je n’avais jamais mis les pieds au cours des deux dernières années seulement, et je dévore présentement (pour la deuxième fois) le septième livre de Diana Gabaldon.

Au cours des dernières années, mon fiancé a entrepris de barrer quelques items sur ma liste: il m’a emmenée voir Coldplay lors de leur dernière visite (le plus merveilleux des concerts que j’aie JAMAIS vu à vie!!!), et l’an dernier, il m’a permis de voir le grand Robin Williams en entrevue (un peu à la Actor’s Studio) à la Place-des-Arts.

Cette année, pour mon anniversaire, ma moitié a encore décidé de rayer une chose de plus sur ma liste.

Quand est venu le temps de déballer mes cadeaux, j’ai tout de suite sauté sur celui de Monsieur.

Quelques heures plus tôt, j’avais aperçu par hasard une petite enveloppe dans la boîte aux lettres.  Après avoir jeté un coup d’œil furtif sur l’enveloppe et avoir aperçu le logo du Centre Bell, j’ai vite remis le courrier à sa place.  Je savais bien que cette enveloppe contenait mon cadeau d’anniversaire et je n’avais pas envie de gâcher le plaisir de la surprise.  Mais il était déjà trop tard.  J’avais vu le logo et j’avais une très bonne idée de ce que j’allais y trouver.  Quelques semaines auparavant, le fiancé et moi avions discuté de la possibilité d’aller voir une partie de hockey sur place, au Centre Bell, alors évidemment, c’est ce qu’il avait décidé de m’offrir.

Je me suis donc jetée, disais-je, sur le cadeau de Monsieur ma Moitié, en lui faisant un clin d’œil et avec un sourire en coin : « Je pense que je sais ce que c’est! »

Quelle ne fut pas ma surprise alors, quand j’ai ouvert l’enveloppe et qu’à l’intérieur, il n’y avait pas un, ni deux billets pour aller voir la Sainte Flanelle, mais bien cinq billets pour aller voir….  Elton John.

Les yeux pleins d’eau et la voix coupée par l’émotion, j’ai levé les yeux vers Monsieur et je lui ai demandé « Elton?  On va voir Elton?  Mais….  combien de billets?? » Et, sur ce, ma mère de confirmer : « On va y aller tous ensemble. Tous les cinq. »

Ma Moitié savait que je rêvais de voir Sir Elton en concert avec mon papa.  Et il savait aussi que la seule façon de le convaincre, ce serait d’inviter ma maman et ma sœur (pas que mon papa ne m’aime pas, bien au contraire, mais il est un peu…  workaholic et ne prend congé qu’en cas de besoin extrême).  Alors quelques semaines avant mon anniversaire, le fiancé a passé un coup de fil à ma sœur pour tâter le terrain, voir s’il y aurait moyen d’organiser ça, un concert en famille.

Mercredi passé, c’était le grand jour.  Le jour J.  Je suis allée rejoindre ma famille à la gare et on a attendu que mon fiancé aie fini de travailler avant d’aller souper.  Puis, repus, on s’est dirigés tranquillement vers l’amphithéâtre (on était en avance, on a pris notre temps : papa voulait voir  le Montréal souterrain et donc on est passés par les tunnels de la ville pour arriver au Centre Bell.)

Puis, les lumières se sont tamisées, et les notes du grand piano à queue se sont envolées vers le ciel.  Sir Elton connaît son public et il sait ce qu’il a envie d’entendre: pendant trois heures, il a enchaîné classique par-dessus classique.  Trois heures de pure magie.  Quand les lumières se sont éteintes sur les dernières notes de Saturday Night’s Allright (for Fighting), Sœur et moi étions un peu déçues de ne pas avoir entendu nos chansons (Your Song pour moi, Crocodile Rock pour elle), mais on se disait tout de même satisfaites de la soirée malgré tout.  Puis, le voilà qui revient sur la scène pour un rappel!  Mes yeux se sont remplis d’eau quand j’ai entendu les premières notes de Your Song.

So excuse me forgetting but these things I do
You see I’ve forgotten if they’re green or they’re blue
Anyway the thing is what I really mean
Yours are the sweetest eyes I’ve ever seen

Magique, je vous dis.

Puis, la mélodie de ma chanson, par un savant arpège, s’est tranquillement transformée en premières notes de… eh oui, vous l’avez deviné, Crocodile Rock.  C’était avec un air un peu triomphant que Sœur et moi on se déhanchait en hurlant les paroles.  Un beau moment de bonding* entre sœurs.  Tant de plaisir.

Mais le moment dont je me souviendrai toujours, celui qui m’a le plus profondément marquée, je pense, c’est alors que je prenais congé de ma famille, dans le hall de leur hôtel, mon papa a murmuré à mon oreille « Merci pour la soirée.  C’était merveilleux ».  Mon papa, cet homme un peu renfermé, qui ne dit jamais grand-chose, sauf quand c’est important, me dit qu’il a été touché par le concert, et que son air stoïque pendant l’événement c’était pour mieux apprécier la musique.

Magique.

* Hé oui, franglais de l’Outaouais quand tu nous tiens.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s