Chroniques hospitalières

Êtes-vous déjà entrés à Ste-Justine un samedi ou un dimanche? Quand les cliniques et les bureaux sont fermés, que les ascenseurs ne mettent pas 10 minutes à arriver et que la cafétéria n’a que les restes de la veille à offrir. Vous y verrez sans doute un agent de sécurité, quelques employés de l’entretien, des infirmières en pause café, assises au soleil devant l’hôpital ou attablées au casse-croute. Si vous êtes chanceux, vous verrez deux ou trois jeunes médecins en discussion enflammée, des résidents sans doute.

Et vous nous verrez, nous.

Les parents.

Nous habitons à l’hôpital avec notre enfant. Nous avons peut-être une petite chambre avec deux lits simples inconfortables à l’hôtellerie Cachou, dans l’ancienne partie de l’hôpital. Si nous venons de loin, nous avons une chambre au Manoir Ronald McDonald, de l’autre côté du stationnement. Ou nous cohabitons tout simplement avec notre enfant, dans sa chambre. Au milieu des machines et des bips-bips.

Vous nous reconnaitrez à notre teint pâle, à nos vêtements négligés, à nos cheveux mal coiffés. Nous habitons à l’hôpital, que voulez-vous? Vous verrez peut-être la dame de la cafétéria nous faire un gentil sourire; ça fait trois mois qu’on lui achète son mauvais café, après tout. Si notre enfant est avec nous, vous pourrez repérer le clown sur sa poussette – nous l’avons empruntée sur notre étage – ou, si nous sommes moins chanceux, le poteau de soluté qui le suit invariablement.

Vous trouverez que nous avons perdu du poids, que nous avons l’air fatigué. Mais ne nous le dites surtout pas.

Vous nous croiserez peut-être deux par deux. C’est qu’on finit par se connaitre. On se rencontre au tire-lait, dans le salon des parents, dans la chambre que nous partageons, dans la cuisinette de notre unité. Et au fil du temps, nous devenons amis, et le destin du fils de l’une ou de l’autre fait partie de nos vies. Quand bébé Z doit retourner en salle d’op, quand bébé N fait une infection urinaire, quand bébé E refuse le biberon, quand bébé M risque de porter une lunette d’oxygène en rentrant à la maison, nous souffrons ensemble.

Si vous nous voyez seul, savourant quelques instants de silence ou la caresse éphémère du soleil, c’est que nous avons sans doute eu la chance de recevoir l’aide d’un bénévole, qui nous a offert de cajoler notre enfant pendant une petite heure pour nous laisser sortir de sa chambre.

Mais si vous nous demandez comment ça va, on vous répondra sans doute que tout va bien. Un bilan sanguin réjouissant, une promesse de congé à venir, une cicatrice qui guérit bien, cette fois. Il y aura toujours de la lumière au travers des nuages.

Sainte-Justine, un jour je te dirai au revoir.

hopital

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13 réflexions sur “Chroniques hospitalières

  1. Wow ! Vous avez écrit ma réalité. Je vois que je ne suis pas toute seule à trouver le temps long. Nous habitons nous aussi à Ste-Justine, et ce, depuis 6 mois. Nous sommes vos voisins du 6-4.

  2. Moi j`ai passé quarante jours au chus Fleurimont et seulement de bon commentaire les médecin infirmière et voisin de chambre ont été super je les remercie de tout coeur je retourne encore mais je sais se qui matend

  3. Wow quel beau message! Je suis de tout coeur avec vous. Ma cousine Vero a eu le cancer a 7 ans. Nous, notre SteJustine, c’est l’hôpital pour enfants d’Ottawa. J’ai vécu proche de cette famille qui a vécu à l’hôpital, qui a soutenu ma cousine. Je peux comprendre ce que vous vivez. Vero veille aujourd’hui sur tous les enfants malades. De la haut, elle vous envoie toutes ses ondes positives et tout le courage necessaire pour passer à travers cette épreuve!! BON COURAGE!!

  4. quelle réalité écrite ses très vrai je l ais vécu aussi maintenant je fait hôtel dieu de Quebec je vie pas la mais je connait le chemin très bien a vous tous parent et cher enfant de ste- Justine je vous envoie plein d onde positive et d’énergie bye .

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