Un an

Un an.

Un an que tu es partie pour aller rejoindre grand-papa Lou.

Un an.

Je ne veux pas  dire que je ne m’ennuie pas de toi grand-maman, mais aujourd’hui, on dirait que la peine est plus facile à porter.

Loin de moi l’idée de vouloir parler pour toi, mais j’ai l’impression que tu étais peut-être prête à partir. Déjà plus de trente ans que grand-papa vous avait quittés, et si tu l’aimais comme j’aime ma Moitié, grand-maman, trente ans, ça devait commencer à faire long.

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Quand maman m’a appelé ce soir là, il y a un an déjà, la première réaction que j’ai eue, c’est de m’écrier que tu n’avais pas eu le temps de venir à mon mariage. Que tu n’avais pas eu le temps de rencontrer des arrière-petits-enfants. Je savais que tu en mourais d’envie.

Mais tu étais là grand-maman. Tu étais là lors du plus beau jour de ma vie. Le soleil radieux dehors, je suis convaincue que c’est toi qui est venue me faire un clin d’oeil.

27 décembre 1958

27 décembre 1958

Je regarde encore les étoiles le soir, quand le ciel est dégagé, et je te dis bonjour, à toi et à grand-papa: est-ce que tu me vois? Tu n’es plus là, et pourtant, tu es là, avec moi, tous les jours.

Quand je fais les mots croisés le samedi matin (me vois-tu grand-maman, j’utilise encore un stylo!). Quand j’utilise ton bol pour manger mes céréales. Quand je fais à manger et que j’utilise les ustensiles que tu m’as si généreusement donné quand je suis déménagée il y a déjà cinq ans. Tu es avec moi, dans la bague de fiançailles que j’ai au doigt, et dans le petit ange que je porte à mon poignet depuis un an, maintenant.

Tu es avec moi grand-maman, et peut-être que mes enfants n’auront pas la chance de connaître celle qui m’a donné le goût de lire et qui m’a appris à aimer les enfants, mais je sais que toi, tu les verras, de là-haut, avec grand-papa.

Parce que ya un temps où c'était cool de poser des flamants roses sur le gazon

Parce que ya un temps où c’était cool de poser des flamants roses sur le gazon

Je m’ennuie de toi grand-maman, et quand je suis allée vous visiter l’autre jour au cimetière, je me suis rappelé une phrase que j’ai entendu à tes funérailles.  Une de tes nièces s’est exclamée : « Imagine le party qu’ils sont en train d’avoir!  Ça doit être en train de jouer aux cartes pis de planifier le party de Noël! » Ben vas-y grand-maman. Va planifier le party de  Noël avec tes beaux-frères pis tes belles-soeurs, et va gagner une partie de paquet voleur pour moi. Tu le mérites. Dis bonjour à grand-papa et donne-lui un bec sur la joue de ma part.

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Grand-papa Lou, Grand-maman Ghys et matante Alberte — party de Noël 1958?

Ne t’inquiète pas pour moi grand-maman. Je vais survivre. Je ne t’oublie pas, et je t’aime, et ça, ça n’est pas près de changer.

Ah oui, j’oubliais:

Tu sens bon.

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