La récolte de l’équinoxe

poivrons

C’est le vrai temps des récoltes. Le marché Jean-Talon déborde. Les pots Mason nous font de l’oeil. Les mijotés seront bientôt de mise, malgré le (presque) été Indien. Le temps des récoltes, dans notre maigre jardin constamment pillé par les écureuils, c’est le triomphe de la cueillette du seul concombre épargné: caché sous un coin de la galerie, à l’abri des gourmands rongeurs. Un concombre sublime de fraîcheur et de croquant. Même pas besoin de sel.

Heureusement qu’on connaît de vrais fermiers. Voici ce qu’ils nous ont apporté cette semaine.

Des aubergines

Ça fait un bout de temps que je suis tombée sur cette recette de soupe à l’aubergine rôtie et aux lentilles, mais je ne la trouvais pas propice au temps estival qui perdurait. Éventuellement, ce sera vraiment l’automne, et ça fera un bon plat réconfortant!

Des tomates

J’ai enfin pu contenter mon désir de ratatouille! Je suis bien fière de ma recette — testée et approuvée par Caro, même!

Des piments

Je suis bien intriguée par cette recette de sauce chili thaï sucrée (?), un condiment que j’utilise régulièrement. Ça vaudrait peut-être la peine d’en faire maison, surtout que ça se conserve longtemps.

Des poivrons

Je fais chaque automne de la gelée de poivrons rouges qui remporte toujours un grand succès. J’ajoute à la recette un ou deux piments d’Espelette (peut-être une autre sorte de piment cette année!). Il est de mise d’utiliser des pots tout petits, pour que les morceaux de poivrons soient bien répartis.

poivrons et piments zoom

De la laitue

Une super base pour des chèvres chauds, bien dorés avec du miel sous le gril…! Ajoutons des noix de Grenoble grillées, une pomme coupée en tranches. Une réduction de balsamique, des flocons de piments, de l’huile, encore du miel.

Des carottes

Avec l’équinoxe qui vient de passer, la mijoteuse va reprendre du service. Je ferai peut-être cette tajine de poulet, déjà testée, et délicieusement parfumée.

Un oignon rouge

Si j’en avais mille (ou plus qu’un), je ferais sûrement des oignons farcis, miam.

De l’ail

Parce que le bacon, c’est important: une confiture de bacon à la mijoteuse.

Des tomates cerises

On a inventé des spaghetti avec du pesto maison, du bacon, du poulet, des tomates confites et du chèvre (ou du feta — on en a fait deux fois!): c’était bien bon. Sinon, je trippe bien trop ces temps-ci sur le concept de la panzanella! Celle-ci est bien inspirante.

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La ratatouille

ratatouille de Caro

Ma ratatouille a eu l’honneur d’être testée et approuvée par Caro!

La première fois que j’ai fait une ratatouille, c’était dans ma petite cuisine toute jaune de la rue Lanaudière, il y a quelques années. Dans mon souvenir, ça avait pris un temps infini: j’avais fait rôtir les légumes en plusieurs fois sur une plaque au four. Mais là, après quelques recherches, j’ai décidé d’adopter une approche plus simple, et ça marche. Voici l’automne, cuit en étages.

Ratatouille de la récolte d’automne

4 portions

Ingrédients
1 aubergine, pelée (ou pas, si la pelure est belle et fine), en rondelles
1 oignon, en rondelles 
1 courgette, en rondelles
2 tomates, en rondelles
1 poivron, en rondelles, ou en tranches
2-3 gousses d'ail, en morceaux
thym
origan
basilic frais
flocons de piment
sel
poivre
huile d'olive
quelques cuillerées de sucre
parmesan, râpé
zestes de citron
Préparation

Préchauffer le four à 375º F.

Couper l’aubergine et en saler les tranches pour les faire dégorger pendant qu’on coupe les autres légumes.

Faire dorer les oignons, l’ail et les flocons de piment dans l’huile. Réserver.

Faire dorer la courgette et le poivron. Réserver.

Faire dorer l’aubergine, en plusieurs fois si nécessaire. Rajouter de l’huile au besoin. Réserver.

Disposer la moitié des tranches d’aubergine dans un plat assez profond allant au four. Parsemer de la moitié de l’oignon.

Construire un deuxième étage d’aubergine, puis d’oignon.

Disposer en un autre étage les rondelles de courgette. (Moi, j’aime que les rondelles soient étalées de façon bien régulière; Caro y va d’une manière plus bohème.) Puis un étage de rondelles de poivron.

Parsemer des fines herbes.

Construire le dernier étage, avec les tomates. Saupoudrer généreusement de sucre. Saler, poivrer. Un filet d’huile. Râper un peu de parmesan là-dessus.

Recouvrir. Cuire pendant environ 40 minutes ou jusqu’à ce que ce soit bien mou.

Puis faire confire les tomates à découvert pendant 10 minutes.

Retirer du four et parsemer de zestes de citron (et peut-être même que ce serait bon avec des noix de pin grillées!).

Servir avec des tranches de pain, toastées ou pas, mais bien beurrées.

légumes pour la ratatouille

copyright photographique: merci, Caro!

Projection de l’automne

Charlotte pelotonnéeJ’ai mis mes nouvelles bottines lacées, en fin cuir brun. Je porte des carreaux et un chapeau de feutre. La bise soulève parfois ma jupe longue: le tissu lourd claque mollement. La lumière, dans les feuilles colorées, est majestueuse comme un grizzli au bord d’une rivière. C’est l’automne. Ça sent bon: la fraîcheur vive, les cheminées, les arbres changeants. Ce soir, je vais me blottir parmi les couvertures et les chats. Tantôt j’ai couru super vite dans l’air léger et franc. J’ai sorti dehors la Charlou, à sa demande pressante. Son pelage a frissonné sous la brise. Elle a peur, la nouille, du vent d’automne: elle est rentrée bien rapidement en secouant les pattes. J’ai fait une ratatouille avec les poivrons vermeils, les tomates dodues, les aubergines luisantes de mon panier, avec de l’ail qui fond et un parfum sucré.

J’entre dans un café: je m’installe pour réviser mes dialogues à l’aide d’un stylo mauve. Je déguste en ronronnant un chaï latte aux effluves piquantes. J’imagine la Petite Loutre, dont on vient de célébrer les trois ans, cueillant sur les trottoirs les feuilles les plus rouges. En fin de semaine, mon amoureux et moi irons nous promener dans la forêt flamboyante. Ça sera mouillé, orange et romantique.

Une après-midi d’automne

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J’ai fait du pain aujourd’hui. J’ai enfourné les deux miches, puis je suis allée chanter, bien enterrée au fond de mon sous-sol, dans la petite pièce insonorisée, pour que personne ne m’entende.

Je n’ai moi-même pas entendu le bip de la minuterie: j’ai oublié le pain, qui est ainsi resté presque une heure de trop au four. Remontant en catastrophe à l’odeur de rôti, j’ai sorti bien vite le pain du four et de ses moules. J’étais triste, d’abord. « Fail. Fail! », me suis-je répété, démoralisée. Mais, plus tard, joie: en coupant une des miches et en tartinant une tranche de beurre mou, j’ai découvert qu’en fait, la surcuisson n’avait que durci et épaissi la croûte, et pas ruiné le pain du tout! (Leçon de vie!)