Considérations frivoles : édition préprintanière

Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que les amateurs d’hiver ont été satisfaits cette année : plein de froid, plein de neige, encore de la neige. Et du froid. Et de la neige. Bon. Maintenant, à partir de quand est-ce socialement acceptable de se déclarer tannée de l’hiver? (Je suis tannée.)

Et donc, mon cerveau se permet de vagabonder vers des préoccupations toutes printanières. Quelques inspirations de magasinage réjouissantes (en plus, j’ai reçu récemment mon premier chèque de paie en tant que travailleuse autonome! Yé! Oui : je suis officiellement une traductrice, je pense) :

 printemps2

1. Banana Republic | 2. Betina Lou | 3. Gap | 4. Essie (Flowerista) | 5. Gap | 6. RW&CO. | 7. Timex

8. Steve Madden | 9. Joe Fresh | 10. Steve Madden | 11. RW&CO. | 12. Betina Lou | 13. Essie (Blossom Dandy)

14. Joe Fresh | 15. Joe Fresh | 16. Betina Lou | 17. Betina Lou | 18. Steve Madden | 19. Joe Fresh

Projection de l’automne

Charlotte pelotonnéeJ’ai mis mes nouvelles bottines lacées, en fin cuir brun. Je porte des carreaux et un chapeau de feutre. La bise soulève parfois ma jupe longue: le tissu lourd claque mollement. La lumière, dans les feuilles colorées, est majestueuse comme un grizzli au bord d’une rivière. C’est l’automne. Ça sent bon: la fraîcheur vive, les cheminées, les arbres changeants. Ce soir, je vais me blottir parmi les couvertures et les chats. Tantôt j’ai couru super vite dans l’air léger et franc. J’ai sorti dehors la Charlou, à sa demande pressante. Son pelage a frissonné sous la brise. Elle a peur, la nouille, du vent d’automne: elle est rentrée bien rapidement en secouant les pattes. J’ai fait une ratatouille avec les poivrons vermeils, les tomates dodues, les aubergines luisantes de mon panier, avec de l’ail qui fond et un parfum sucré.

J’entre dans un café: je m’installe pour réviser mes dialogues à l’aide d’un stylo mauve. Je déguste en ronronnant un chaï latte aux effluves piquantes. J’imagine la Petite Loutre, dont on vient de célébrer les trois ans, cueillant sur les trottoirs les feuilles les plus rouges. En fin de semaine, mon amoureux et moi irons nous promener dans la forêt flamboyante. Ça sera mouillé, orange et romantique.

Dans mon cœur de cowboy

C’est en sous-titrant l’émission BRBR, qui traite de musique émergente, que j’ai découvert le nouveau clip de l’inspirante Lisa LeBlanc, pour son énigmatique chanson J’pas un cowboy. La vidéo, produite par BRBR, montre une Lisa, alias Belinda, à l’accoutrement impossible et se produisant dans trois lieux pittoresques de Montréal: le marché aux puces St-Michel (que Mé et moi avons visité pour la première fois il y a quelques semaines — quel amusant hasard!), une glauque salle de bingo (non-identifiée!), et le bar country Paspébiac, situé juste derrière chez moi (featuring le plus séduisant et ténébreux bassiste septuagénaire de la Terre et son groupe — mon coeur ne se peut plus!). Les images du clip présentent affectueusement les personnages qui habitent ces antres envoûtants de la «quétainerie»: les marchands, comme à la maison au fond de leur kiosque; la perplexité et la réserve des joueurs de bingo; l’aura de notre serveuse qui ne laisse pas l’âge l’empêcher de déborder un peu de sa minijupe ni porter, fièrement, sa crinière platine; l’enthousiasme fascinant et discret des danseurs en ligne.

Quelqu’un fréquente-t-il ce bingo?

 

Où j’inaugure la saison de la course

Jeudi, j’ai fait ma première sortie de course de l’année! Yé!

Quel plaisir! La liberté, la grande légèreté lors des premiers mètres. Le réveil des muscles qui n’ont pas travaillé depuis longtemps. Les automatismes à réintégrer : la position des bras, le regard au loin, l’application importante de baume à lèvres avant de sortir. Les réflexions vestimentaires. «Ah, quel soleil! j’aurais dû mettre ma casquette!», puis «Hii! froid aux oreilles! une chance que j’ai ma tuque!» «Est-ce que j’ai besoin de gants?» «Aurai-je le temps de laver mon seul outfit de temps frais avant la prochaine fois?» Et puis, au retour, Charlou qui semblait toute fière de moi (faisons de la projection!) : pour me le prouver, pendant que je m’étirais, elle s’est roulée sur ma serviette en ronronnant comme une grosse molle, à n’en plus finir.

J’avais commencé à croiser des coureurs depuis quelques jours, et ces rencontres narquoises me tracassaient un peu; mais je résistais, dans ma haine entêtée du froid. Et là, en revenant du travail, me demandant comment j’allais occuper ma soirée, je me suis dit tout à coup que les conditions étaient parfaites (oui!) pour inaugurer la saison. Le soleil dans le dos, chaud, enfin. Et les trottoirs secs (ou joyeusement ruisselants, selon le côté de la rue). C’était le temps ou jamais.

D’ailleurs, il fallait bien que je m’y mette: je me suis inscrite au 5 kilomètres de Longueuil (histoire de me préparer pour le 10 d’Ottawa, en mai), et je compte bien battre mon temps de l’an passé… Bon, je suis un peu rouillée, car je n’ai pas, comme certaines personnes, couru ou fondé tout l’hiver pour garder la forme. Ma collègue Mélanie, le courage en personne, a bravé les températures glaciales, de décembre à la semaine passée, et courra un inimaginable (pour moi) 15 kilomètres, le 20 avril. Mes parents, forçant l’admiration, se sont baladé en skis de fond dans le parc de la Gatineau toute la saison froide, et ont repris ces derniers temps leur club de course. D’ailleurs, je pense bien que c’est ma mère qui a parti cette vogue de la course, qui dure depuis deux ou trois ans.

En tout cas. Peut-être pas, là, non plus.

Mais elle est vraiment super, ma mère. Elle a couru cet automne un demi-marathon (tellement plus «vrai» qu’un maigre 10km!) dans un temps fabuleux de 2h03! Chaque fois qu’on s’entraîne ensemble, elle essaye, pour m’encourager, de me faire croire que je suis meilleure qu’elle (ah la la! les mères!), mais c’est plutôt moi qui ai l’impression de lui courir après… Mon objectif, à Ottawa, est donc de suivre les pas de ma maman lièvre — c’est la première fois qu’on s’inscrit à la même course! Mais là, oui, il fallait vraiment que je m’y remette! Moins de deux mois pour retrouver ma forme de l’automne!

espadrilles

Êtes-vous gagnés par la fièvre du jogging, vous? (Est-ce que TOUT LE MONDE n’est pas maintenant tout le temps en train de partager ses temps de course sur Facebook?) D’où vient donc cette vogue, pour de vrai, selon vous?

Une liste de lecture

Il faut bien que je me prépare au deuil des Rougon-Macquart. J’établis donc une liste de ce que je lirai après avoir écoulé les trois derniers Zola qui attendent maintenant leur tour, bien empilés dans leur bibliothèque.

Peut-être même que je pourrais prolonger le plaisir, et privilégier quelques-unes de ces prochaines lectures (que je partage ici sans ordre particulier) avant la fin:

L’Énigme du retour de Dany Laferrière

Il paraît, selon un ami catégorique, que c’est un incontournable de Laferrière, aux romans duquel je n’ai été initiée que très récemment. J’aime le personnage; et il me semble que j’aurais le goût d’être fan de son écriture, quoique je n’aie pas encore succombé complètement à ses charmes. Mais comme les conseils de l’ami ne sont pas à ignorer et que j’ai tout de même bien apprécié ce que j’ai déjà lu, ne boudons pas ce plaisir.

L’Orangeraie de Larry Tremblay

Larry Tremblay est super, tout simplement. Je ne me rappelle plus trop ce qui m’a fait ajouter ce titre en particulier à ma liste — peut-être qu’on en a parlé à la radio? En tout cas, cet article en attise le goût.

Pride and Prejudice de Jane Austen

Non (scandale?), je n’ai jamais lu ça. (Même pas vu les adaptations télévisuelles ou cinématographiques, non plus…) Pourtant, c’est le classique des classiques de la littérature anglaise et occidentale, et ça fait apparemment l’objet d’un culte chez bien des lectrices. Quoi ne pas aimer, d’ailleurs? Une histoire d’amour écrite avec style et qui se passe dans l’ancien temps? Me semble que, depuis mon enfance, voilà bien la définition d’une lecture gagnante!

Papilles et molécules de François Chartier

Je suis déjà tombée sur l’émission du même nom diffusée à Télé-Québec, et ça m’a fascinée, tous ces liens étonnants entre les parfums et les saveurs: les harmonies moléculaires appliquées concrètement dans des recettes bien inspirantes. Un très rare livre de cuisine qu’il me ferait plaisir de lire attentivement, pour parfaire mes connaissances des goûts. Le site de François Chartier vaut d’ailleurs la peine d’être exploré…

Lolita de Vladimir Nabokov

Cet article sur la meilleure utilisation de la ponctuation dans la littérature m’a convaincue par une seule phrase, une paire de parenthèses.

My very photogenic mother died in a freak accident (picnic, lightning) when I was three…

Ça m’impressionne.

Three Uses of the Knife : On the Nature and Purpose of Drama de David Mamet

François Létourneau en a parlé à La tête ailleurs (à la radio de Radio-Canada — où d’autre?) samedi après-midi: c’est son livre de référence pour l’écriture dramatique. D’ailleurs, ma culture du théâtre américain est franchement bancale. Il faudra y remédier. Ça me semble, en tout cas, des plus inspirants. (Il a sûrement pêché là-dedans une petite clef pour contribuer au succès de Série noire, non?)

Un roman de Mathieu Handfield

Dans ma tête, ce garçon est l’incarnation même de la créativité. Et en plus, tout le monde que je connais le connaît personnellement. Alors c’est un peu gênant de n’avoir rien lu de lui. Sophie et son mari me confient d’ailleurs que Vers l’est vaut décidément le détour.

La Fille de Christophe Colomb et Les Enfantômes de Réjean Ducharme

Bonheur! Je n’ai pas tout dévoré Réjean Ducharme!

***

Y a-t-il des livres parmi ceux-là que vous avez lus? Qu’en avez-vous pensé? Que me recommandez-vous d’autre? Et vous, qu’est-ce qui figure sur votre liste?

Le printemps s’en vient!

En l’attendant, je rêve de tenues légères et ensoleillées…

Dans un ridicule (mais prévisible) retournement de situation, la déprime hivernale m’a frappée, violemment. Plus envie de rien, et j’ai passé la fin de semaine dernière à l’intérieur. J’ai retrouvé ma forme habituelle de marmotte. Le soleil fait bien semblant d’être printanier, mais, n’est-ce pas, on est encore pogné pour porter chaque jour un des gros chandails informes dont on a fini par s’écoeurer…

Enfin, le petit aperçu de la douce saison qu’on nous annonce en fin de semaine nous inspirera peut-être. Sinon, je m’imagine bientôt sortir de mon garde-robe et de mes tiroirs ce qui suit! (Bon, je vais peut-être céder au magasinage aussi.)

Des morceaux d’inspiration maritime

Il me semble que le style marin, avec ses rayures, son rouge, son blanc, son bleu, exhale une fraîcheur qui sied parfaitement à la saison. Cols bateau, capris ou pantalons roulés, souliers plats, accessoires de corde et de cuivre; c’est la légèreté, le complément parfait à la pluie douce, à la brise de plus en plus moelleuse. Et puis, vous le savez, je ne peux pas résister aux rayures! La marinière classique est toujours de mise, et le printemps accueillera bien la rayure fine et claire.

mariage de motifs réussi: la rayure + le pelage d'une chatte espagnole

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 Des blousons

Quoique j’adore mon manteau de duvet, j’ai très hâte de ressortir mes blousons gris: ils coolifient si bien un look! Ah, ce moment où on a l’impression d’avoir oublié quelque chose tellement la nouvelle pelure nous semble légère! La coupe à la James Dean m’inspire le vagabond rebelle, pour une autre sorte de légèreté.

Des souliers légers

Enfant, j’ai eu une paire de souliers plats en toile, façon jean, brodés de dessins westerns (des bottes de cowboys, entre autres!). Le goût en est discutable, j’en conviens. Cependant, le souvenir de ces souliers restera toujours associé pour moi à l’exaltation des premiers jours du printemps, où on peut enfin sortir sans mille pelures, sans grosses bottes (Sorel), où ça sent la boue, le dégel, où Elizabeth ne porte que son chandail de chevaux, et Mé n’a pas encore le droit d’enlever son manteau, où on fait des bizarres de potions avec ce qu’on trouve dans les rigoles et les tas de neige qui fondent vite. Aujourd’hui mon look est plus classique: d’ailleurs, mes antiques Converse et mes délicieuses oxfords florentines piaffent déjà d’impatience que je les promène sur les trottoirs enfin nus de Montréal. Bientôt! (ou pas.)

Converse du temps où je travaillais dans un magasin de chaussures (!) // oxfords offertes par mon père lors de notre visite à Florence

Converse portant encore les marques du ménage automnal du jardin (collants chardons!) // oxfords offerts par mon père lors de notre passage à Florence

Des petites robes
robe trésor de mer

chez Onze

Il existe un ordre saisonnier: certaines robes ne sont pas portables au printemps. Les gens qui étrennent déjà des toilettes brutalement estivales, dans ce froid toujours arctique, sont mal avisés. Peut-être que je serais moins déprimée si je me laissais contaminer? Mais non: chaque chose en son temps. Avec un cardigan ou un chandail léger, et des collants plus ou moins ajourés selon le temps, le port de la robe appropriée entraînera sous peu, espérons-le, la saison de la terrasse.

robe vers l'ouest

chez Onze

chez 1861 http://1861.ca/collections/robes/products/maryse-ete

chez 1861

 Du fleuri (et autres trésors du jardin)

Oh, ma petite chemise à mignonnes fleurs refera bientôt surface! je l’avais oubliée, celle-là! Et ma robe à papillons! Le printemps, c’est l’occasion de s’inspirer des tendres crocus, des enivrantes jacinthes, et de ressortir nos motifs délicats et nos couleurs tendres.

Des chapeaux

C’est vrai, le chapeau, théâtral, empreint de mystère ou de glamour, vous assure de vous faire remarquer. Vous devenez soudainement une personne intéressante, quand vous portez un chapeau.* (Pas que vous ne le soyez pas déjà, évidemment…) Et puis, il s’envole, et c’est une romantique cavalcade pour rattraper le couvre-chef roulant devant vous comme un tumbleweed virevoltant dans le désert!

lookbook de Lo & Sons via Sacramento Streets http://www.sacramentostreet.com/2013/05/recent-work-lo-sons-look-book/

lookbook printanier 2013 de Lo & Sons, via Sacramento Street

*À ce sujet, Garance Doré raconte une aventure un peu extraordinaire, ici.

Tiens, est-ce que je ne viens pas de presque décrire une traditionnelle toilette de Pâques?

Oh! des gants! On s’y croirait presque! Ça vous inspire?