Détails festifs

L’odeur du sapin, les biscuits par douzaines, la cuisine en famille, les cœurs dans l’expectative, plein d’émerveillement.

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Le décompte commence

Premier décembre. Le premier jour de l’avent. Chez nous, avec mon frère et ma sœur, nous avions un merveilleux calendrier confectionné avec amour par notre Mamie : un sapin en feutrine que nous décorions à tour de rôle d’ornements au dos velcrochés. Quelle joie de découvrir chaque matin en se levant pour l’école ce qui se cachait dans la petite pochette numérotée! De compter les jours avant d’accrocher la dernière décoration, la sublime étoile pailletée d’or!

L’année où mon neveu est né (il y a neuf ans! quelle vieille matante je suis…!), j’ai confectionné un calendrier semblable pour qu’il puisse continuer la tradition avec son papa. Puis, quand je suis moi-même devenue maman, j’en ai créé un troisième. Quelques pièces, incontournables, restent les mêmes : la douce mitaine rose, la bougie, le bas, l’ange, le père Noël… D’autres — un rat, un poinsettia, un renne — sont apparues au gré de ma fantaisie.

L’an passé, Petite Loutre, plein d’enthousiasme, aurait accroché toutes les décorations d’un coup s’il avait pu… Cette année, Bébé Loutre aura aussi son tour, mais son grand frère se portera sans doute volontaire pour placer les siennes! Et je crois bien que Maman Loutre a autant de fonne que quand elle était enfant, devant ces petites faces émerveillées…

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Petits morceaux de deuil

Grand-maman Ghys.

La frénésie du temps des Fêtes s’est calmée, et on revient lentement à la vie normale. Voilà un peu plus de six semaines que tu nous as quittés (déjà?) et je commence tranquillement à me rendre compte que tu es partie.

J’appréhendais tellement le temps des Fêtes.  J’avais peur que ce soit morose, qu’on ait tous les faces longues, et que Noël perde sa magie.

Ça me fait un peu de peine de l’admettre, grand-maman, mais je n’ai pas ressenti ton absence autant que je ne l’aurais cru.  Peut-être est-ce parce que plus les années passaient, plus tu t’effaçais? Est-ce que c’est parce que maman a si bien su te trouver une place parmi nous quand même (je ne m’étais jamais rendue compte à quel point tu avais une fascination pour les décorations de Noël  qui clignotent; c’était certainement la première fois que je voyais un poinsettia qui changeait de couleur)? Ou si c’est parce que dans le fond, tu étais quand même un peu avec nous?

Au tout début, c’était bizarre.  Comme si on redoutait tous un peu ce moment, comme si on ne savait pas trop comment agir.  Tout était un peu… trop. Trop d’enthousiasme, trop de bonne humeur, trop.  Comme si en beurrant plus épais, le goût de la toast brûlée paraîtrait moins.

Puis, on a fini par trouver notre vitesse de croisière, et on a célébré comme d’habitude.

Quand j’ai ouvert l’album avec tes photos de mariage, au lieu d’être renversée par une vague de tristesse, j’ai été émerveillée par toutes ces photos. Mon seul regret, c’est de ne pas pouvoir te dire de vive voix à quel point tu étais belle.  Et de ne pas être en mesure d’écouter tes conseils d’élégance pour mes propres noces qui arrivent à grands pas.  De te voir comme ça, radieuse avec ton petit sourire en coin, ça m’a fait du bien, comme si tu étais là avec nous.

Et là maman nous a dit qu’en faisant le ménage de l’appartement, elles avaient trouvé ta robe de mariée et ton voile. Grand-maman, quand elles ont sorti la boîte avec les vêtements, j’avais tellement l’impression qu’on était liées, toi et moi.  Je me marie cette année, 55 ans après toi et si j’arrive à le faire réparer, c’est ton voile que je porterai ce jour-là.

Au final, Noël sans toi, c’est pas pareil.  Mais c’est pas si pire non plus. Et si je sais que le chagrin ne m’a pas encore oubliée, je sais aussi que peu importe ce qui arrive…  Je vais survivre.

Je t’aime grand-maman.  Tu sens bon.